Collaboration horizontale, Navie & Carole Maurel

   

 

 

Quatrième de couverture :

Il existe un chapitre peu vertueux de l’Histoire que l’on appelle la « Collaboration horizontale ». À l’heure où les soldats mourraient, où les résistants luttaient, où les innocents étaient exterminés, certains Allemands, certaines Françaises se désiraient, se touchaient, s’aimaient… Que se passait-il derrière la porte de ceux dont la guerre n’était pas l’unique quotidien ?

 

Je l’ai lu, et voici ce que j’en ai pensé…

Il y a quelques mois, j’ai vu l’avis élogieux d’Éliot et des livres sur cette bande dessinée. Je me la suis procurée sans tarder, elle m’attendait sagement dans ma bibliothèque, je l’ai enfin lue… et quel coup de cœur !

En pleine Seconde Guerre mondiale, alors que les Allemands ont envahi la France, que les rafles des Juifs font rage, et que la résistance s’organise, nous allons faire la connaissance des habitants d’un immeuble et découvrir ce qui se cache derrière les portes. La narration va surtout s’articuler autour de Rose, une femme qui élève seule son enfant Lucien, pendant que son époux est parti à la guerre. Blaise Pascal disait dans ses Pensées : « On dit que l’amour a ses raisons que la raison ne connaît point. » Et c’est bien ce qui va arriver à notre héroïne, puisqu’elle va tomber follement amoureuse de Mark, un officier allemand travaillant aux services des renseignements. Elle va donc devoir se cacher des autres, subir leur regard inquisiteur, trouver des combines pour qu’on lui garde Lucien… Dans un tel contexte, les voisins ont, eux aussi, leurs difficultés. Ils manifestent de l’inquiétude envers le devenir de la nation, sont victimes de la faim suite au rationnement forcé. La population juive, quant à elle, doit se dissimuler pour survivre…

J’ai beaucoup apprécié le personnage de Rose, qui a le cœur sur la main. Au début de la bande dessinée, nous la rencontrons alors qu’elle a déjà un certain âge, puisqu’elle est grand-mère. Discutant de l’importance de vivre l’amour avec sa petite fille, elle décide de se confier à elle, et de lui dire que non, son mari n’était pas l’homme de sa vie, que c’était un Allemand qu’elle a connu pendant sa jeunesse… C’est donc le fil rouge de notre récit, et cela nous donne l’impression que c’est à nous qu’elle se livre, ce qui crée une intimité avec cette héroïne. À travers la galerie des protagonistes qui nous est offerte, nous avons un joli panel de situations : la concierge et son mari aveugle, une femme qui vend ses charmes, une vieille personne qui semble aigrie, mais qui dissimule un grand secret, des Juifs qui se cachent, des enfants qui perdent leur innocence, une épouse qui subit le courroux de son compagnon, une autre qui voudrait que la société évolue…

Les dessins illustrent à merveille le propos. Les traits des individus laissent transparaître leurs sentiments, les graphismes sont travaillés, il y a un réel soin apporté au jeu des couleurs… Je découvre ici à la fois la scénariste et la dessinatrice, et il est sûr que je ne vais pas m’arrêter là. Ce livre est une vraie pépite d’émotions, et on le referme en se disant : et moi, qu’aurais-je fait ?

Pour marque-pages : Permaliens.

8 Commentaires

  1. une période difficile mais où de jolies choses se passent. Merci pour la découverte de ce livre

  2. Je ne pense pas avoir déjà lu une BD de ce type et j’avoue que ça me rend curieuse

  3. C’est une BD dont le thème me tente beaucoup. On parle assez peu en termes humains de ces hommes et de ces femmes et du coup je suis assez curieuse de la découvrir. En plus, j’en ignorait totalement l’existence donc merci pour cette découverte.

  4. Je l’ai déjà vu je ne sais plus où, et je renote le titre, il me tente bien 🙂

  5. Je trouve que c’est bien de faire découvrir des pans de l’histoire qui ne sont pas très connus… cela redonne parfois confiance en l’être humain… la guerre a été quelque chose d’horrible mais certaines jolies choses s’y sont passées.
    Merci en tout cas pour ta chronique qui nous donne envie de découvrir cette bande dessinée 🙂

    Pour Thierry Berlanda j’en avais déjà entendu parlé via facebook mais je n’avais jamais eu l’occasion de lire un de ses romans. C’est chose faite et je pense que si j’en ai l’occasion je lirais un autre de ses romans

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