Sucre noir, Miguel Bonnefoy

 

 

 

 

Quatrième de couverture :

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.
Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

 

Je l’ai lu, et voici ce que j’en ai pensé…

Sucre noir a rejoint ma bibliothèque grâce à Léa Touchbook, dont la chronique m’avait donné très envie de découvrir le livre. C’est désormais chose faite, et j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman.

Après nous avoir relaté l’échouement d’un navire et la réaction que l’on pourrait presque qualifier de burlesque de son capitaine pour sauver sa fortune, nous allons faire la connaissance d’une famille vivant dans les Caraïbes trois siècles plus tard, qui va accueillir dans leur foyer un homme répondant au nom de Severo, qui est à la recherche du butin. Au fil des ans, ces protagonistes vont mûrir, la fille unique, Serena, qui rêvait d’amour, va finir par trouver un époux. Et ensemble, ils vont voir un trésor arriver dans leur vie, mais celui-ci est très loin de ce qu’ils imaginaient. Une galerie de personnages va nous être présentée, et nous allons suivre leur évolution, qui est somme toute quelque peu ironique. En effet, à travers ce roman d’aventure, qui nous propose une histoire familiale avec ses drames et sa morale, le lecteur est poussé à réfléchir sur ce qu’est un réel trésor.

Michel Bonnefoy est un vrai conteur. Sucre noir est un ouvrage dans lequel il y a extrêmement peu de dialogues. La narration est donc omniprésente, et quand j’ai eu le livre dans les mains et que j’ai découvert cet élément, j’ai eu un peu peur que cela soit indigeste. En réalité, ce n’est nullement le cas. Il nous livre ici une histoire passionnante, avec ses rebondissements, qui nous invite à savourer ce récit réellement original. Il a une parfaite maîtrise de la langue française, ce qui rend la lecture de ce livre d’autant plus appréciable et intéressante.

L’ambiance est parfois légèrement pesante, on se demande à quels drames nos personnages vont avoir à faire face, car on se rend rapidement compte que l’auteur ne va pas hésiter à les malmener quelque peu — sans pour autant en faire trop, ce qui aurait pu nous pousser à nous apitoyer sur leur sort. Je pense tout particulièrement à l’histoire d’Eva Fuego, qui pourrait bien provoquer sa propre ruine à cause de son appât du gain.

Sucre noir, classé comme roman dit d’aventure, est loin des récits de navires et de flibusteries. Miguel Bonnefoy nous offre ici un conte noir très intelligent et intéressant, avec une portée philosophique, dont la lecture restera longtemps gravée en moi.

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2 Commentaires

  1. Je ne connaissais pas, ça a l’air sympa même si à première vue, il n’y a pas assez de pages à mon goût 🙂

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